A court darguments, le camp du OUI à la Constitution a choisi ses axes de campagne : le mépris et la peur. Le mépris, parce que voter NON serait comme nous le rappelle Jacques Chirac « une connerie ». Mépris affiché aussi pour ces millions de Français qui diront NON, accusés de ne pas comprendre les enjeux du débat ou soupçonnés de vouloir « répondre à une autre question que celle quon leur a posée »
Le camp du OUI joue aussi largement la carte de la peur, nous décrivant des scènes apocalyptiques en cas de victoire du NON le 29 mai. Tout est bon pour faire peur : voter NON, ce serait compromettre la paix, voter NON ce serait à coup sûr affaiblir la France, ce serait même nous dit-on une terrible « humiliation » pour notre pays !
Ce positionnement stratégique du camp du OUI ne doit pas nous étonner. Mépris et peur sont en effet les deux béquilles dun OUI mal en point, incapable de nous donner des arguments valables. Enlevez au OUI ses béquilles et vous le verrez complètement démuni, telle Ségolène Royal sur France 5 le dimanche 27 mars embrouillée dans sa défense du texte et contrainte, à court darguments positifs, de défendre linscription de la « concurrence libre et non faussée » dans les objectifs de lUnion (article I 3) parce que, je cite, « la concurrence est moins dangereuse quand elle est non faussée »
Face à ce OUI mal en point, obligé de tenir sur ses béquilles - mépris et peur - et pouvant compter sur la main tendue des médias lorsquil saffaisse, le NON incarne le mouvement et sappuie sur les articles du texte pour défendre sa position.
Lorsque nous disons NON, cest à ce texte que nous le disons. Cest à cet article I 41 qui fait entrer pour la première fois lOTAN dans un traité européen que nous ladressons. Cest larticle III 148 qui pousse à la libéralisation des services commerciaux et publics suivant le modèle Bolkestein que nous repoussons. Cest aussi à larticle III 279 qui interdit toute politique industrielle digne de ce nom que nous disons NON ! Et la liste est très longue
En soi, le texte de la Constitution mérite largement un NON, et il nest pas besoin de nous chercher dautres motivations.
Ce NON est un NON de refus du carcan libéral et atlantiste, mais cest surtout un NON positif, de mouvement. Il redonne de lespoir parce quil nous prouve que la politique a encore un sens, quil est encore possible de reprendre notre avenir en main alors que jusquà présent on nous disait quon ne pouvait rien faire. Alors que le OUI signifierait continuité, dire NON le 29 mai redonnerait tout son sens à la volonté politique. Tout cela évidemment sans la moindre crainte à avoir parce que chacun sait bien que le traité de Nice continuerait comme prévu dêtre appliqué jusque 2009, le temps de négocier un nouveau texte beaucoup plus ambitieux. Le mépris quaffiche le camp du OUI ny changera rien et ne fera quamplifier notre détermination.
Cette fois cest NON !
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
