Je suis européen, donc je vote NON !

Publié le par CFCN Cette fois c'est NON

Voter Oui, c’est voter pour l’Europe, voter Non c’est voter contre l’Europe…voilà en quelques mots le résumé de la campagne des partisans du Oui à la Constitution européenne…

 

C’est un petit peu court…, et surtout ce genre d’argument, qui n’en est pas un, n’est absolument pas digne du débat démocratique ! Il convient donc de rappeler quelques données élémentaires si l’on ne souhaite pas prendre les électeurs pour des imbéciles : le référendum portera sur un texte très précis, la Constitution européenne, composé de 448 articles et définissant pour les prochaines années le contenu de l’ensemble des politiques économiques et sociales de l’Union. Il ne s’agit donc absolument pas de voter pour ou contre l’Europe, ce qui n’aurait pas de sens, mais de voter pour ou contre ce texte. Et c’est bien cette vérité qui gêne les partisans du Oui désireux de transformer, par un tour de passe-passe pas très honnête, le référendum en un vote plus global sur l’Europe. Tout simplement parce qu’ils savent bien que si par malheur les électeurs français avaient la curieuse idée de regarder et de lire le texte de la Constitution qu’on leur propose, ils voteraient certainement contre…

 

Parce qu’effectivement on peut très bien se dire Européen et souhaiter que l’Europe se construise sans pour autant souscrire au contenu de la Constitution !

On peut très bien par exemple désirer que l’Europe bâtisse enfin une vraie politique industrielle à l’instar des autres grandes puissances et donc refuser la sacralisation du marché opérée par la Constitution dès son article 2 en plaçant « la concurrence libre et non faussée » au même niveau que la paix…

On peut très bien vouloir l’Europe afin de lutter contre les délocalisations et par la même refuser le Traité constitutionnel parce qu’il interdit toute mesure susceptible d’aller dans ce sens à travers l’article 137 qui précise que « les restrictions à la liberté d’établissement des ressortissants d’un Etat membre sur le territoire d’un autre Etat membre sont interdites »

On peut de la même manière vouloir l’Europe sans nécessairement accepter la course à la libéralisation des services exigée par la Constitution, notamment dans son article 148 qui indique que « Les Etats membres s’efforcent de procéder à la libéralisation des services au-delà de la mesure qui est obligatoire en vertu de la loi cadre européenne »

 

Il est aussi permis de penser qu’on peut se dire Européen parce qu’on a le souci de défendre et de promouvoir sa culture, ce que l’article167 de la Constitution rend impossible du fait de ce principe de sacralisation du marché et de la concurrence pure et parfaite : « Sont compatibles avec le marché intérieur : les aides destinées à promouvoir la culture et la conservation du patrimoine, quand elles n’altèrent pas les conditions des échanges et de la concurrence dans l’Union dans une mesure contraire à l’intérêt commun »…

 

Bref, on pourrait multiplier les exemples de ce type…Vous l’aurez compris, voter NON à la Constitution, ce n’est certainement pas dire NON à l’Europe comme on voudrait nous le faire croire mais tout simplement dire NON à un texte d’inspiration technocratique, néolibérale et atlantiste que les dirigeants de l’Europe actuelle voudraient nous refourguer discrètement…

Parce que le référendum sur les 448 articles de la Constitution n’a rien à voir avec un plébiscite sur l’Europe, osons le NON ! Cette fois c’est NON !

Publié dans Argumentaires

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