Le Canard enchaîné le révèle : un partisan du NON censuré dans une publication pédagogique sur la Constitution !

Publié le par CFCN Cette fois c'est NON

PARIS (AFP) - La participation d'un partisan du non au référendum dans une publication pédagogique à destination des enseignants consacrée à la Constitution européenne a été censurée par l'Education nationale, affirme le Canard enchaîné à paraître mercredi.

Interrogé par l'AFP mardi, Dominique Rousseau, universitaire qui avait participé, en tant que défenseur du non à la Constitution européenne, à un débat contradictoire avec un partisan du oui, a évoqué "un acte de censure très grave, inqualifiable".

De son côté, le ministère de l'Education nationale a affirmé mardi à l'AFP avoir estimé qu'il ne pouvait "pas y avoir de débat contradictoire en période électorale et que l'Ecole doit être un lieu de neutralité".

Publié par le centre national de documentation pédagogique (CNDP) et devant paraître vendredi prochain, le sommaire de ce numéro hors série de "Textes et documents pour la classe", avait été selon M. Rousseau "validé par le ministère" qui "savait parfaitement quelle était (sa) position". Selon lui, l'entretien avait été retranscrit et était déjà mis en page quand il a été supprimé.

"Fin février, j'ai reçu un mail me disant que le cabinet du ministre ne validait pas l'entretien et demandait son retrait. On m'a laissé entendre que les sondages donnaient déjà la progression du non et qu'on ne voulait pas donner aux professeurs des éléments permettant de donner à leurs élèves des arguments en faveur du non", a raconté Dominique Rousseau.

Début mars, a-t-il poursuivi, on lui a proposé par téléphone d'"enlever certains arguments". Peu après son refus, on lui a fait savoir que "la décision était définitive et que l'entretien ne serait pas publié", a-t-il précisé.

Une contribution de Florence Deloche-Gaudez, professeur à Sciences Po qui avait participé au débat contradictoire comme partisan du oui a, elle, été validée.

Interrogé sur ce point, le ministère a assuré que, dans sa contribution, Mme Deloche-Gaudez apportait l'"explication factuelle et juridique de deux-trois articles de la Constitution" et ne prenait pas parti pour un bord.
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