Un NON pour débloquer l'Europe industrielle et la croissance !

Publié le par CFCN Cette fois c'est NON

 

Alors que les Etats-Unis et le Japon ont retrouvé le chemin de la croissance, l’Europe s’enfonce de plus en plus dans le marasme économique. Les dernières statistiques viennent nous le confirmer. L’Europe manque de dynamisme parce que contrairement à ses concurrents, elle ne se donne pas les moyens de l’innovation et du progrès industriel.

 

En effet, alors que toutes les grandes puissances mondiales, aux premiers rangs desquelles les Etats-Unis et le Japon, renouent avec une politique industrielle ambitieuse, volontariste et tournée vers l’avenir, l’Europe s’interdit de suivre la même voie. Elle le fait parce qu’elle souhaite se montrer plus libérale que les libéraux en respectant à la lettre le principe de la « concurrence libre et non faussée » que la Constitution définit comme l’un des objectifs de l’Union au même titre que la paix ! (article I 3). La stratégie industrielle passe après le respect à la lettre de l’orthodoxie libérale, et tant pis pour l’innovation et l’emploi !…

 

Le texte de la Constitution affirme d’ailleurs sans aucune ambiguïté dans son article III 279 l’interdiction de toute politique industrielle digne de ce nom. Nous avons pourtant d’urgence besoin d’une vraie politique industrielle afin d’aménager nos territoires, de faire naître des champions européens, notamment dans le domaine des hautes technologies pour lequel nous sommes tellement en retard ! Cet article III 279 précise ainsi que :

 

« L’Union et les Etats membres veillent à ce que les conditions nécessaires à la compétitivité de l’industrie de l’Union soient assurées. A cette fin, conformément à un système de marchés ouverts et concurrentiels, leur action vise à : a) accélérer l’adaptation de l’industrie aux changements structurels (…) La présente section ne constitue pas une base pour l’introduction, par l’Union, de quelque mesure que ce soit pouvant entraîner des distorsions de concurrence ou comportant des dispositions fiscales ou relatives aux droits et intérêts des travailleurs salariés »

 

On le comprend bien, il est clairement précisé que la politique industrielle de l’Union et de ses Etats membres ne peut s’envisager séparément des principes libéraux et concurrentiels consubstantiels à cette Constitution.

 

Ce dogmatisme unique au monde conduit à des aberrations et des erreurs stratégiques majeures préjudiciables à la croissance et à l’emploi en Europe. Prenez par exemple le cas de Péchiney. Au nom de la concurrence libre et non faussée, la Commission européenne a refusé une première fusion qui était équilibrée entre Péchiney, Alcom et Algroup et qui aurait permis de faire naître un champion européen de l’aluminium. Quelques mois plus tard, le groupe canadien Alcan rachetait Péchiney…Les exemples du même type sont malheureusement très nombreux.

 

En gravant dans le marbre d’une Constitution les dogmes libéraux de la concurrence pure et parfaite et de l’interdiction des politiques industrielles à travers l’article III 279, c’est le développement industriel de l’Europe que l’on pénalise.

 

Croissance atone, chômage en hausse, délocalisations, désindustrialisation, … il est plus que temps que nous remettions l’Europe sur la bonne voie, que nous la débloquions. Nous ne pouvons pas accepter de voir cette Constitution entraver le dynamisme et l’innovation en Europe sous couvert de libéralisme. Nous dirons NON parce que nous aspirons à une autre politique industrielle pour l’Europe, volontariste et ambitieuse, capable de rivaliser avec nos concurrents. L’Europe en est largement capable, pour peu qu’elle s’en donne les moyens !

Publié dans Argumentaires

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Lionel 06/04/2005 09:47

Une fois encore, lorsque vous cité un article, citez le dans son ensemble!!Cela devient rageant.Le voici en intégralité:
Article III-279
1. L'Union et les États membres veillent à ce que les conditions nécessaires à la compétitivité de
l'industrie de l'Union soient assurées.
À cette fin, conformément à un système de marchés ouverts et concurrentiels, leur action vise à:

a) accélérer l'adaptation de l'industrie aux changements structurels;

b) encourager un environnement favorable à l'initiative et au développement des entreprises de
l'ensemble de l'Union, notamment des petites et moyennes entreprises;

c) encourager un environnement favorable à la coopération entre entreprises;
d) favoriser une meilleure exploitation du potentiel industriel des politiques d'innovation, de
recherche et de développement technologique.

2. Les États membres se consultent mutuellement, en liaison avec la Commission et, en tant que de
besoin, coordonnent leurs actions. La Commission peut prendre toute initiative utile pour
promouvoir cette coordination, notamment des initiatives en vue d'établir des orientations et des
indicateurs, d'organiser l'échange des meilleures pratiques et de préparer les éléments nécessaires à la
surveillance et à l'évaluation périodiques. Le Parlement européen est pleinement informé.

3. L'Union contribue à la réalisation des objectifs visés au paragraphe 1 au travers des politiques et
actions qu'elle mène au titre d'autres dispositions de la Constitution. La loi ou la loi‑cadre européenne
peut établir des mesures spécifiques destinées à appuyer les actions menées dans les États membres
afin de réaliser les objectifs visés au paragraphe 1, à l'exclusion de toute harmonisation des
dispositions législatives et réglementaires des États membres. Elle est adoptée après consultation du
Comité économique et social.

La présente section ne constitue pas une base pour l'introduction, par l'Union, de quelque mesure que
ce soit pouvant entraîner des distorsions de concurrence ou comportant des dispositions fiscales ou
relatives aux droits et intérêts des travailleurs salariés.

Je ne vois pas où est le problème dans cet article. Qui plus est, je vous signale qu'un "ministre" de l'industrie au niveau européen sera créé pour harmoniser justement les politiques industrielles des Etats membres.
Moi je remarque dans la troisième partie que les salariés sont mentionnés... et qu'il est stipulé que l'Union ne pourra prendre une décision allant à l'encontre de leurs interêts...
Peut être que je comprends mal le français mais bon là vous allez chercher la petite bête quand même...