Le choix de l'Europe sociale, raison d'un NON

Publié le par Cette fois c'est NON

 

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Déjà sur France 2, trois invités du OUI (Delors vendredi, Hollande lundi et Raffarin mardi) dans le journal de 20 heures en 5 jours, et aucun pour le NON ! C'est inadmissible ! Ecrivons leur tous : mediateurinfo@france2.fr

 

 

 

En 1992, pour aider à la ratification française du traité de Maastricht, Jacques Delors promettait qu’une fois le traité adopté, l’Europe se mettrait sans tarder à la rédaction d’un pacte social, censé contrebalancer les principes libéraux sous-tendant la construction européenne. Cette promesse n’a pas été tenue, Amsterdam et Nice n’ayant rien ajouté, ou presque, en matière sociale.

 

Continuant de répondre à une exigence forte des électeurs, la question de l’Europe sociale n’a pas manqué de revenir sur le devant de la scène à certains moments du débat sur la construction européenne, en particulier lorsqu’elle fut utilisée comme argument de campagne par la gauche. Ainsi, en juin 2004, les élections européennes furent remportées par le Parti Socialiste dont le slogan tenait en quelques mots : « Pour l’Europe sociale ». 

 

Le texte de la constitution européenne représente pour les Français une déception à la hauteur des promesses et des espérances portées par leurs partis politiques.

 

Le débat sur le traité a montré avec une évidence implacable que ce texte permet tout sauf de renforcer l’Europe sociale. Au contraire, presque impossible à réviser, il la condamne et éteint tout espoir de la réaliser un jour.

 

Reprenant les dispositions qui régissent la vie économique de l’Union et constitutionnalisant ses dogmes libéraux, la partie III tue ainsi dans l’œuf les très timides avancées sociales de la partie II. Adaptées à la construction du marché commun et à une Europe homogène d’un point de vue économique et sociale, ces « règles » sont désormais socialement suicidaires dans une Europe qui vient de s’élargir à des pays beaucoup moins développés. Parce que le traité interdit l’harmonisation sociale et fiscale (art III 171, 209 et 210), parce qu’il ne pose aucune limite au principe des délocalisations (article III 137), et surtout parce qu’il fait de l’Union européenne la zone économique la plus ouverte du monde (article III 314), le Traité favorise la guerre économique entre Européens sans les défendre des compétiteurs extérieurs. Parce qu’il continue d’interdire toute politique monétaire et budgétaire de croissance, parce qu’il bloque les politiques industrielles (article III 279), ce traité prive les Etats et l’Union de leur capacité d’intervention économique. Tout cela sans compter quelques provocations comme la reconnaissance du droit de grève des patrons (principe du lock out à l’article III 210) ou du « droit de travailler » (article II 75) ! Cette liste des horreurs libérales de la Constitution est malheureusement loin d’être exhaustive.

 

Aujourd’hui, conscients du terrible aveu anti-social que représente ce texte, les Français, en particulier ceux dont le cœur bat à gauche, constatent qu’on est à nouveau en train de les berner sur l’Europe sociale.

 

Voilà la principale raison du non des Français.

 

Le non, toutes les études d’opinion le montrent, vient d’abord des actifs (salariés du public et du privé), des tranches d’âge intermédiaires, en somme de tout ceux qui n’ont que leur travail pour vivre, tout ceux que le chômage, les délocalisations et la désindustrialisation inquiètent.

 

Le non vient aussi majoritairement des sympathisants de gauche, des Français qui sont dans l’opposition au gouvernement conservateur aujourd’hui en place. Mais leur vote ne correspond pas à un simple mouvement d’humeur détaché du texte. Ces Français votent non parce qu’ils ont bien compris que les politiques qui sont menées en France, par la droite et par la gauche, sont très étroitement liées aux choix européens et aux inspirations libérales des traités qui régissent l’Union.

 

En somme, les Français qui diront non le 29 mai ne seront pas les égarés ou les ignorants, les colériques ou les apprentis sorciers. Ceux qui diront non porteront l’espoir d’une Europe sociale dont on doit aujourd’hui décider si on l’enterre ou si on continue d’y croire.

 

Le non français est tout simplement né du débat et du courage de certains responsables politiques, de nombreux intellectuels, économistes, ou simples citoyens, qui ont eu à cœur de  nous montrer la réalité du texte et sa philosophie profondément libérale.

 

Rejoignant notre débat, de nombreux Européens misent aujourd’hui sur un non français. Au Danemark ou en Suède, le non grandit sur un rejet des dérives libérales et un désir d’Europe sociale. En Allemagne, en Italie, en Belgique, et dans beaucoup d’autres pays privés de référendum, des millions d’hommes et de femmes espèrent un non français qui permettrait au débat de s’étendre et aux peuples de se réapproprier la négociation d’une constitution, permettant cette fois l’Europe sociale.

 

Publié dans Argumentaires

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