Un parfum de Bolkestein chez France Télécom...

Publié le par Cette fois c'est NON

NOUVEAU - Un excellent argumentaire développé par un "revenu du OUI", faites circuler !

 

Allons-nous dire OUI le 29 mai à un système aussi absurde, nocif pour l'emploi et nos conditions de travail ? ou allons-nous commencer par dire NON pour arrêter la fuite en avant libérale et repartir sur des bases nouvelles et moins dogmatiques ? Et bien cette fois, ce sera NON !

 

LYON (AFP) - Une société sous-traitante de France Télécom emploie en France des salariés sous contrat de droit portugais, au grand dam d'organisations syndicales qui dénoncent un "dumping social" et une application anticipée de la directive Bolkestein.

L'ancien ministre communiste des Transports Jean-Claude Gayssot a dénoncé mercredi le recrutement de salariés portugais par France Télécom à l'époque où le ministre de l'Economie et des Finances Thierry Breton en était le PDG, y voyant une application avant la lettre de la "directive Bolkestein".

 

Constructel, société de droit français, filiale d'une société portugaise, Visabeira, a démarré son activité d'installation de poteaux téléphoniques en France au deuxième semestre 2003. Elle dispose de chantiers dans le centre et le sud-est, notamment à Valence, a indiqué mercredi la direction à Paris, qui précise employer environ 100 salariés sous contrat de travail portugais et 50 sous contrat français.

 

Le Parti communiste à Valence a qualifié ce recours à des salariés sous contrat portugais de "dumping social", estimant que ce système constituait "une anticipation de l'application de la directive Bolkestein" sur la libéralisation des services.

"L'entreprise doit embaucher les salariés aux conditions sociales du pays d'accueil, tandis que ceux-là sont embauchés aux conditions du pays d'envoi", a dénoncé  Jean-Pierre Basset.

Le directeur commercial de Constructel, Luis Cunha, a affirmé que ce système était "légal" et "prévu dans les règles communautaires".

"Il y a la possibilité d'avoir un détachement des moyens opérationnels d'un pays à un autre pendant une période de deux ans. La période de deux ans est en train de se terminer, et nous sommes en train de faire basculer les salariés qui veulent se maintenir en France sous des contrats français", a déclaré à l'AFP M. Cunha, joint par téléphone.

 

Yves Muller, vice-président de l'ACNET, un syndicat regroupant une cinquantaine de PME sous-traitantes de France Télécom, a dénoncé une "délocalisation inverse". "Comme on ne peut pas délocaliser des chantiers, on prend des Portugais pour les faire travailler à bas coût dans des conditions dignes du XIXème siècle", a-t-il accusé.

"Cette arrivée de nouveaux concurrents +low cost+ a conduit un certain nombre d'entreprises sous-traitantes à disparaître, d'autres à réduire sensiblement leur voilure", a poursuivi M. Muller, qui a dit s'être ému dès l'été 2004 de cette situation auprès de France Télécom.

 

La direction de France Télécom a quant à elle indiqué que les contrats avec ses sous-traitants comportaient des clauses sur le respect du droit du travail en France. "S'il s'avérait qu'une société ne respecte pas les règles du droit du travail français, on lui retirerait le marché", a assuré un porte-parole du groupe, Patrick Thielemans.

Il a précisé que Constructel, l'une des 250 entreprises sous-traitantes de France Télécom, représentait 1,1% du volume d'activité dans le secteur de la pose de poteaux.

La direction de Constructel a affirmé que les conditions de travail des salariés employés sous contrat portugais étaient avantageuses puisqu'ils disposaient de primes diverses liées à leur éloignement, mais sans donner de précisions sur leurs salaires.

 

Selon Claude Caumel, délégué du personnel Sud-PTT à France Télécom dans le Languedoc-Roussillon, où est également implanté Constructel, des salariés employés sous contrat portugais ont affirmé être payés entre 1.300 et 1.500 euros par mois, primes incluses, en travaillant six jours sur sept, jusqu'à 60 heures par semaine...

Publié dans Lu dans la presse

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