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Article I 30-3 «La banque centrale européenne est une institution. Elle a la personnalité juridique (...). Elle est indépendante dans l'exercice de ses pouvoirs et dans la gestion de ses finances. Les institutions, organes et organismes de l'Union respectent cette indépendance."

 

Cas unique au monde, l'indépendance totale de la BCE est gravée dans le marbre de la Constitution ! Dans les autres pays, il y a certes souvent indépéndance formelle des banques centrales mais des liens très étroits avec le pouvoir politique existent afin de définir une politique économique cohérente, sur ses deux piliers : budgétaire et monétaire (cf la Fed). Ici, l'article 30 empêche cette collaboration de bon sens pour des raisons dogmatiquement libérales. Voilà qui ne permettra pas à la croissance européenne de retrouver un nouveau souffle !

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Argumentaires

Jeudi 17 mars 2005

On  nous rejoue donc la même scène qu’en 1992, lors du référendum de Maastricht : si le NON l’emporte, nous disent les partisans du OUI à court d’arguments, ce sera la catastrophe, le chaos, et même la fin de la paix en Europe…

 

Soyons sérieux deux minutes, et surtout cessons de prendre les Français pour des imbéciles ! Plusieurs pays ont dit NON à Maastricht en 1992, sont-ils aujourd’hui dans un état catastrophique ? La paix en Europe en a-t-elle été remise en cause ? Evidemment non, ces pays sont même bien souvent en meilleure santé économique que la France…

 

Bien entendu, les partisans du OUI eux-mêmes ne croient pas une seule seconde leurs propos apocalyptiques. Ils les manient à l’envi uniquement dans le but d’effrayer les électeurs et de culpabiliser ceux qui seraient éventuellement tentés par le NON. C’est là un comportement inadmissible, anti démocratique et qui relève du terrorisme intellectuel digne de la pire des idéologies.


Rétablissons donc quelques vérités :

 

Si vous votez NON à la Constitution européenne, la première conséquence sera tout simplement que ce traité n’entrera pas en application, et que nous épargnerons à la France un nouveau traitement de choc ultralibéral, dépassé, atlantiste et sans ambition ; nous aurons alors à renégocier un nouveau texte, beaucoup plus réaliste, et tenant compte du message envoyé. Dans l’intervalle, ce sera le traité de Nice qui continuera d’être appliqué, jusqu’en 2009 comme prévu. On le comprend donc aisément, pas de chaos en vue…

 

Mais si vous votez NON, ce sera surtout un superbe message envoyé à la classe dirigeante qui se partage le pouvoir depuis plus de 20 ans et qui, sous couvert d’Europe, mène la même politique de renoncement économique et social. Le message sera si fort, tellement en contradiction avec la pensée unique dominante, que le système en place devra en tenir compte dans sa plénitude. Cela appellera une réorientation des politiques menées dans le sens d’une plus grande justice. Ce sera une première victoire pour tous ceux qui, élections après élections, ne voient jamais leur message écouté.


Voter NON au référendum, chacun le sent bien, ce ne sera pas dire NON à l’Europe, ce ne sera pas provoquer la chaos, mais ce sera donner un terrible message à nos hommes politiques souvent trop sourds, et ce sera surtout faire savoir que nous voulons une autre Europe, et donc une autre politique en France !

 

Profitons de ce référendum pour faire passer le message, refusons le terrorisme intellectuel et la mauvaise foi. Au contraire, débattons sereinement, le texte en main, et chacun verra la réalité de cette Constitution.

 

Parce qu’un référendum reste un choix entre OUI et NON, et non OUI et OUI…Cette fois c’est NON !

Par CFCN Cette fois c'est NON
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Vendredi 18 mars 2005

Voter Oui, c’est voter pour l’Europe, voter Non c’est voter contre l’Europe…voilà en quelques mots le résumé de la campagne des partisans du Oui à la Constitution européenne…

 

C’est un petit peu court…, et surtout ce genre d’argument, qui n’en est pas un, n’est absolument pas digne du débat démocratique ! Il convient donc de rappeler quelques données élémentaires si l’on ne souhaite pas prendre les électeurs pour des imbéciles : le référendum portera sur un texte très précis, la Constitution européenne, composé de 448 articles et définissant pour les prochaines années le contenu de l’ensemble des politiques économiques et sociales de l’Union. Il ne s’agit donc absolument pas de voter pour ou contre l’Europe, ce qui n’aurait pas de sens, mais de voter pour ou contre ce texte. Et c’est bien cette vérité qui gêne les partisans du Oui désireux de transformer, par un tour de passe-passe pas très honnête, le référendum en un vote plus global sur l’Europe. Tout simplement parce qu’ils savent bien que si par malheur les électeurs français avaient la curieuse idée de regarder et de lire le texte de la Constitution qu’on leur propose, ils voteraient certainement contre…

 

Parce qu’effectivement on peut très bien se dire Européen et souhaiter que l’Europe se construise sans pour autant souscrire au contenu de la Constitution !

On peut très bien par exemple désirer que l’Europe bâtisse enfin une vraie politique industrielle à l’instar des autres grandes puissances et donc refuser la sacralisation du marché opérée par la Constitution dès son article 2 en plaçant « la concurrence libre et non faussée » au même niveau que la paix…

On peut très bien vouloir l’Europe afin de lutter contre les délocalisations et par la même refuser le Traité constitutionnel parce qu’il interdit toute mesure susceptible d’aller dans ce sens à travers l’article 137 qui précise que « les restrictions à la liberté d’établissement des ressortissants d’un Etat membre sur le territoire d’un autre Etat membre sont interdites »

On peut de la même manière vouloir l’Europe sans nécessairement accepter la course à la libéralisation des services exigée par la Constitution, notamment dans son article 148 qui indique que « Les Etats membres s’efforcent de procéder à la libéralisation des services au-delà de la mesure qui est obligatoire en vertu de la loi cadre européenne »

 

Il est aussi permis de penser qu’on peut se dire Européen parce qu’on a le souci de défendre et de promouvoir sa culture, ce que l’article167 de la Constitution rend impossible du fait de ce principe de sacralisation du marché et de la concurrence pure et parfaite : « Sont compatibles avec le marché intérieur : les aides destinées à promouvoir la culture et la conservation du patrimoine, quand elles n’altèrent pas les conditions des échanges et de la concurrence dans l’Union dans une mesure contraire à l’intérêt commun »…

 

Bref, on pourrait multiplier les exemples de ce type…Vous l’aurez compris, voter NON à la Constitution, ce n’est certainement pas dire NON à l’Europe comme on voudrait nous le faire croire mais tout simplement dire NON à un texte d’inspiration technocratique, néolibérale et atlantiste que les dirigeants de l’Europe actuelle voudraient nous refourguer discrètement…

Parce que le référendum sur les 448 articles de la Constitution n’a rien à voir avec un plébiscite sur l’Europe, osons le NON ! Cette fois c’est NON !

Par CFCN Cette fois c'est NON
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