Un NON synonyme de mouvement !
Par quel miracle ce qui nétait pas possible hier lest devenu aujourdhui ? Par quel miracle un gouvernement qui nous jure depuis des mois quil ny a pas un centime dans les caisses de lEtat trouve-t-il en une journée 800 millions deuros ? Comment expliquer que la France demande subitement une remise à plat de la directive Bolkestein alors quelle lapprouvait sans réserve jusque là ?
La réponse est très simple : la montée du NON dans les sondages. Il suffit en effet que les opposants à la Constitution européenne gagnent quelques points dintentions de vote pour que le mouvement remplace la sclérose, pour que la volonté politique retrouve un peu de son sens. Bien sûr ! ne soyons pas naïfs ! Bolkestein nest pas enterrée, déjà une nouvelle directive sur le temps de travail pointe à lhorizon, et bien sûr la doctrine libérale continue dêtre hégémonique en Europe. Il en faudrait beaucoup plus que cela pour changer vraiment le cours des choses.
Mais ce qui sest passé ces derniers jours met en lumière la force du NON : quelques points gagnés dans les sondages révèlent des problèmes jusque là oubliés et débloquent un peu la machine, même si cela reste très imparfait et quil faut rester vigilant.
Imaginez alors quelle dynamique pourrait créer une victoire du NON le 29 mai ! A lopposé dun OUI qui signifierait continuité, le NON marquerait la volonté des Français, soutenus par bien dautres Européens, de réorienter totalement la construction européenne. Et lexpérience de ces derniers jours nous prouve que cette réorientation est possible, à condition quon le veuille et quon sen donne les moyens. Tout est question de volonté politique. Parce quil faut bien comprendre que lEurope nest pas seulement une affaire juridique, mais quelle est aussi le fruit de ce que nous voulons en faire. En dautres termes, non seulement le NON ne produirait pas le chaos puisque, juridiquement, le Traité de Nice continuerait de sappliquer jusque 2009, mais un NON français serait surtout synonyme de mouvement. Un NON réintroduirait de la politique, et donc une capacité de choisir, là où aujourdhui il ny a que de la mécanique.
Par le NON, nous aurions ainsi le poids nécessaire pour bloquer ces articles qui poussent, à linstar de la directive Bolkestein, à toujours plus de libéralisation :
Cest le cas de larticle III 137 qui prépare les délocalisations de demain dans une Europe à 25 :« Dans le cadre de la présente sous-section, les restrictions à la liberté détablissement des ressortissants dun Etat membre sur le territoire dun autre Etat membre sont interdites. Cette interdiction sétend également aux restrictions à la création dagences, de succursales ou de filiales, par les ressortissants dun Etat membre établis sur le territoire dun Etat membre »
Cest aussi le cas de larticle III 148 qui fixe comme horizon indépassable la libéralisation totale des services, commerciaux ou publics, sous lil attentif de la Commission
: « Les Etats membres sefforcent de procéder à la libéralisation des services au-delà de la mesure qui est obligatoire en vertu de la loi cadre européenne en application de larticle III 147, paragraphe 1, si leur situation économique générale et la situation du secteur intéressé le leur permettent. La Commission adresse aux Etats membres intéressés des recommandations à cet effet » Ce ne sont que deux exemples mais on pourrait aisément les multiplier. Lisez la Constitution et vous verrez par vous-même ce quelle prépare ! Seul le NON pourrait nous permettre de renégocier en position de force. Parce que le NON est synonyme de reprise en main de notre destin, de mouvement, Cette fois cest NON !