Un blocage des coopérations renforcées gravé dans le marbre !
Entendu sur Europe 1 - On réfléchit déjà à un plan B en cas de NON français le 29 mai. "Une renégociation est possible" affirme-t-on à Bruxelles. Le vice-premier ministre hollandais confirme.
Dans le cadre dune Europe à 25 puis 30 membres, il est nécessaire dintroduire une certaine souplesse afin déviter tout blocage. Les coopérations renforcées sont un excellent moyen dy parvenir en donnant la possibilité aux Etats qui le souhaitent de mener ensemble des politiques davant-garde et innovantes. On pense ici notamment à la politique industrielle, à la coopération dans le domaine de la recherche ou des technologies du futur.
Mais à travers deux articles, III 419 et III 416, la Constitution européenne bloque toute avancée dans ce sens.
Au niveau institutionnel dabord, larticle III 419 se révèle extrêmement contraignant. Il prévoit en effet une triple approbation, celle de la Commission, du Parlement et du Conseil, à tout projet de coopération renforcée ! Lorsquon sait la réticence des nouveaux pays membres à voir se construire des projets auxquels ils ne participent pas, on imagine bien combien il sera difficile de faire naître la moindre coopération renforcée.
« Lautorisation de procéder à une coopération renforcée est accordée par une décision européenne du Conseil, qui statue sur proposition de la Commission et après approbation du Parlement européen » (III 419)
Dautre part, larticle III 416 borne demblée le champ dapplication des coopérations renforcées en les plaçant sous la contrainte du « respect de la concurrence libre et non faussée ». Mention qui nétonnera guère dans un texte qui, dès son article 3, fait de la concurrence lun de ses « objectifs » au même titre que la paix...
En lisant larticle III 416 « Les coopérations renforcées respectent la Constitution et le droit de lUnion. Elles ne peuvent porter atteinte ni au marché intérieur ni à la cohésion économique, sociale et territoriale. Elles ne peuvent constituer ni une entrave ni une discrimination aux échanges entre les Etats membres ni provoquer de distorsions de concurrence entre ceux-ci. », on se rend compte quune nouvelle fois la logique libérale prévaut sur toute autre considération.
Enfin, la Constitution indique expressément quil faut au minimum 9 Etats pour constituer une coopération renforcée, contre 8 auparavant. Un petit recul dont nous nous serions bien passés, parce quil ne va pas dans le sens de lefficacité.
On le comprend bien, la Constitution contient différentes dispositions qui brident complètement les coopérations renforcées. Difficiles à mettre en uvre, impliquant un nombre trop élevé de pays et sinscrivant dans une logique de concurrence libre et non faussée, elles ne permettront pas la réalisation de grands projets innovants qui manquent tant à lEurope !
Cette fois cest NON !