Nous refusons d'en prendre pour 30 ans !!!

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...Un NON pour débloquer l'Europe !

 

L’initiateur de la Constitution, Valéry Giscard d’Estaing, nous l’a suffisamment répété pour que nous puissions le croire : si ce texte est adopté par les Français, « nous en aurons pour 30 ou 40 ans »…30 ou 40 ans de libéralisme forcé, de remise en cause des services publics, de renoncement face aux délocalisations, bref 30 ou 40 ans d’un carcan étouffant et dangereux alors que l’Europe a avant tout besoin de dynamisme.

 

Pourquoi Giscard a-t-il raison de dire que nous en aurons pour 30 ans ? Tout simplement parce que les procédures de révision de la Constitution sont si contraignantes qu’il serait quasiment impossible de la modifier une fois adoptée. En effet, l’article IV 443 explique comment il faudra s’y prendre si l’on souhaite réviser un jour la Constitution.

Pour être bref, sachez que la demande de révision doit d’abord passer par le verrou du Conseil européen. La Convention convoquée ensuite doit se prononcer par consensus. La BCE doit être consultée. Enfin, le dernier mot revient aux gouvernements réunis en Conférence et qui doivent adopter à l’unanimité cette révision. A toutes ces étapes, il faut ajouter la ratification à l’unanimité par les 25, 27 et bientôt 30 membres de l’Union. Le tout risque de prendre plusieurs années…

Vous le comprenez aisément, réviser la Constitution européenne relèvera du parcours du combattant !

 

Parce que nous refusons le blocage de l’Europe qu’entraînerait mécaniquement l’adoption de cette Constitution, nous dirons NON le 29 mai. Nous estimons en effet qu’on peut légitimement souhaiter un autre avenir que celui qui se trouve figé dans cette Constitution. On peut très bien par exemple désirer que l’Europe bâtisse enfin une vraie politique industrielle à l’instar des autres grandes puissances et donc refuser la sacralisation du marché opérée par la Constitution dès son article I 3 en plaçant « la concurrence libre et non faussée » au même niveau que la paix…

De même, on attend de l’Europe qu’elle lutte contre les délocalisations alors que le Traité constitutionnel interdit toute mesure susceptible d’aller dans ce sens à travers l’article III 137 qui précise que « les restrictions à la liberté d’établissement des ressortissants d’un Etat membre sur le territoire d’un autre Etat membre sont interdites »

 

Parce qu’il figerait pour des décennies l’Europe dans un moule libéral et atlantiste, le OUI est synonyme de blocage. Nous ne nous résignons pas à ce choix du renoncement. Nous dirons NON à la Constitution parce que nous pensons que l’alternative politique doit redevenir possible ! Ne nous enfermons pas pour 30 ans dans une politique dont on a vu à quel point les effets sont dévastateurs. Débloquons l’Europe le 29 mai avec un NON !

 

Cette fois c'est NON !

Publié dans Argumentaires

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